En France, et aujourd’hui même, cette question est au centre d’un débat politique agité qui porte sur cette question éminemment éthique. Platon utilise un mythe permettant une réflexion sur sa conception d'une société juste et hiérarchisée : les Atlantes auraient été divisés en trois castes, comme les citoyens de la "ville en discours" de la République platonicienne. Toutefois, après avoir mis l'accent sur la nécessité de la précision numérique, notamment dans la procédure dialectique qui repose sur la division et sur la collection des données, Socrate affirme que la bonne vie repose sur un mélange de plaisir et de connaissance et il distingue quatre classes « (a) la limite (peras), (b) l'illimité (apeiron), (c) le mélange (meixis) de limite et d'illimité, ou (d) la cause (aitia) d'un tel mélange Â» [30]. 17- Incontestablement, il existe une tension entre la constitution et la démocratie. Aussi avait-on pour habitude de fermer les yeux sur certains usages délictueux, notamment en matière financière, dès lors que les impératifs de notre État de droit n’étaient trop visiblement violés. Contrairement à la plupart des philosophes, lexpérience politique dAristote est indéniable : tuteur dAlexandre le Grand, ami du Roi de Macédoine et grand voyageur, Aristote a nourri sa réflexion politique en côtoyant le pouvoir tout autant quen fréquentant Platon et ses théories politiques. Car il faut que la loi commande en toute chose (...) De sorte que, si la démocratie est bien l’une des constitutions, il est manifeste qu’une telle organisation dans laquelle tout se règle par des décrets n’est pas une démocratie à proprement parler, car aucun décret ne peut être universel. Ici, nous sommes au cœur de l’une des préoccupations essentielles de l’homme : la causalité. 7- Pour essayer de comprendre la philosophie politique d’Aristote (et, a fortiori, celle de Platon), il me paraît indispensable de dissocier notre environnement sociopolitique (et géopolitique) de celui qui existait à l’époque des deux philosophes. De l’état de nature à l’état civil. Pour Platon, contrairement à Aristote, l'homme n'est pas un animal politique fait pour vivre dans une cité [2]. Aussi le rôle de la politique est pour lui de créer de l'unité à travers la vertu et l'éducation notamment, « Car, en faisant remonter l'argument à son principe, tu l'as rendu plus clair, si bien qu'il te sera plus facile de découvrir que nous avions raison de dire tout à l'heure que, dans la vie publique, tous les hommes sont ennemis de tous les hommes, et que tout aussi bien dans la vie privée chaque individu est un ennemi pour lui-même (Lois, 626e) Â». Ce dernier se charge des êtres humains à un point tel que ces derniers n'ont rien à faire, ce que Platon ne semble guère apprécier tant il décrit cette vie de façon négative[25]. » Pour la pensée antique, et, a fortiori, pour celle d’Aristote, la notion de constitution et de régime sont donc indissociables. Telle est donc à peu près la définition du citoyen qui s’adapte le mieux à tous les gens qui sont dits citoyens. La liberté des anciens 1.1. C’est précisément cette conception qu’Aristote va reprocher à Platon notamment dans sa Métaphysique : « Dire que les Idées sont des paradigmes et que les autres choses participent d’elles, c’est se payer de mots vides de sens et faire des métaphores poétiques. En fait, et pour recourir à une formulation modern… La mesure en tant que qualité est liée à ce qui est adéquat (prepon), au bon moment (kairion), à ce qui devrait être (deon), à ce qui n'est pas extrême (meson) [30]. De son coté, l’article 47 permet au gouvernement de promulguer par voie d’ordonnance le projet de budget lorsque le parlement ne l’a pas voté dans un délai de 70 jours. Avant d’aller plus loin, précisons que la loi est un outil social, donc, politique, qui définit ce qui est autorisé, permis ou ce qui est interdit au sein d’une communauté humaine. Ceci étant, il ne faudrait surtout pas penser que le Lycée fut une copie fidèle de l’Académie car la filiation ayant liée les deux Écoles n’impliqua aucunement une vassalité de la première vis à vis de la seconde. Il semble, cependant, qu’Alexandre conserva des relations amicales avec son maître du moins jusqu’en –325 date à laquelle il fit assassiner Callisthène, le propre neveu d’Aristote, en raison de divergences politiques. Et cela, à un point tel, que les hommes politiques ayant eu récemment accès au pouvoir envisagent de légiférer en cette matière. Elle est pleinement prise en compte par Platon et Aristote, qui proposent tous deux un exposé particulier des causes conduisant à la formation de la sensation visuelle. Comme il ne reste aucune trace de l’enseignement qu’Aristote prodigua à Alexandre, on ne peut dire qu’elle furent ses conséquences sur la politique conduite par son élève lorsque celui-ci, après l’assassinat de son père en –336, accéda au trône de Macédoine. Aussi, Platon cherche-t-il à définir la politique à partir du paradigme (paradeigma) qui, selon Luc Brisson, vise à « suppléer aux déficiences de la division mais aussi et encore de faire apercevoir les ressemblances entre l'objet qu'on cherche à définir et un objet connu Â»[27]. 22- Ceci étant, l’incontestable pragmatisme d’Aristote n’exclut aucunement une perspective téléologique (idée de finalité) en matière politique. 2- Philosophe par excellence de la connaissance, Aristote observe, classe mais se garde bien d’extrapoler. S’il est imprudent d’affirmer qu’Aristote fut un démocrate zélé (le seul penseur qui, à cette époque, aurait pu revendiquer cette qualité est le sophiste Protagoras), il serait tout aussi déraisonnable de soutenir qu’il fut un adversaire acharné de la démocratie. Cette orientation politique de la démocratie ne pouvait que heurter le postulat fondamental de la philosophie : comment rendre l’homme meilleur ? Finalement, et de tout temps, la politique s’inscrit dans une problématique opposant les dominants et les dominés ou, si l’on préfère, les riches et les pauvres. Cratyle, 386d. » En raison même de sa complexité, je me garderais bien, ici, de proposer une réponse, même partielle, à une telle question. n’ont aucunement relevé de l’impératif kantien qui repose sur une injonction : tu dois  ! (Le Politique 280b-d). Dans la République (535 e), Platon n’a pas manqué de souligner cette caractéristique si commune et, parfois, si déroutante : « N’y a-t-il pas grande nécessité de convenir qu’en chacun de nous se trouvent les mêmes formes et les mêmes caractères que dans la cité ? Cela arrive par le fait des démagogues (A cette époque, ce terme désigne le chef d’un parti populaire.) Over 1 million people now use Prezi Video to share content with their audiences [29]. Le rôle du Gardien (Platon) est fondamental dans la cité platonicienne idéale et constitue le sujet de préoccupation principal des dix livres de La République[11]. Le second livre des Lois est consacré à l'étude de l'éducation qui fournit les bonnes habitudes nécessaires à la juste mesure entre les plaisirs et les peines. Dès lors, et du moins logiquement (mais nous évoquons Aristote...), il ne peut exister qu’un premier moteur générateur d’un mouvement dépourvu de commencement et dont le temps n’est que la mesure. Crédit : artkarel.com Je vous parlerai d’un secret qui n’est connu que d’une toute petite élite parmi ceux qui déterminent la politique internationale aujourd’hui. En effet, et précédemment, le philosophe Averroès (1126/1198) s’était employé à démontrer que, loin de contredire le coran, l’aristotélisme le consolidait. (dans une monarchie, par exemple.) » Dans le même ouvrage (page 257), Aristote revient sur ce sujet : « (...) Il faut que ce soit les lois qui soient souveraines si elles sont correctement établies, et que le magistrat (le gouvernant), qu’il y en ait un ou plusieurs, soit souverain sur les seuls sujets où les lois sont absolument incapables de se prononcer avec précision du fait qu’il n’est pas facile de définir une règle universelle sur tous les cas. C’est, comme tu vois, un gouvernement agréable, anarchique et bigarré, qui dispense une sorte d’égalité aussi bien à ce qui est inégal qu’à ce qui est égal. Toutefois, si l’on peut soutenir qu’Aristote ne se soit pas détourné de la politique, il ne l’aborda pas de la même manière que Platon. Controverse sur la propriété chez Platon et Aristote (VI) Par Ahmed MAROUANI Enseignant universitaire de philosophie ... * Luccioni (Jean), La pensée politique de Platon, P. U. F., Paris, publications de la faculté des lettres d’Alger, 1958. ghismoi ghismoi 19 avril 2015 Aristote, Platon Pour Alexandre Koyré, ce n'est pas la crainte, comme le soutient Glaucon anticipant Hobbes, qui est à l'origine du contrat social, c'est la solidarité[10]. Écoutons Platon : « Mais quand il (le tyran), s’est débarrassé de ses ennemis du dehors en traitant avec les uns, en ruinant les autres, et qu’il est tranquille de ce coté, il commence toujours par susciter des guerres, pour que le peuple ait besoin d’un chef. La République, 558b. Le mythe conduit à deux réflexions : une sur le rapport à l'ordre universel et aux dieux ; la deuxième, sur la technique[27]. Si nous en restons là, « les deux termes désignent ce qui a trait aux mœurs, au caractère, aux attitudes humaines en général et, en particulier, aux règles de conduite et à leur justification » Eric Weil, in Universalis. 13- Reprenant quelque part la célèbre formule du sophiste Protagoras : « L’homme est la mesure de toutes choses », Aristote nous dit que : « La vertu et l’homme vertueux sont la mesure de toutes choses. De concert avec beaucoup de mes contemporains, je me demande souvent si ce que nous nommons le bonheur est une réalité ou un mythe (voir mon article sur l’ataraxie.) « Nul n’étant sensé l’ignorer » (ce qui n’implique pas, d’ailleurs, qu’elle soit systématiquement respectée), la loi a prévu des conditions juridiques (son versant répressif) afin d’assurer sa propre sauvegarde. Notons ici qu'Aristote est à l'académie aux dates estimées de rédaction des grandes œuvres politiques de Platon : La République, Le Politique, Les Lois. Et cela d’autant plus qu’Aristote en circonscrit davantage la signification  : « Un citoyen au sens plein, nous dit-il (Les Politiques, p. 221), ne peut pas être mieux défini que par la participation à une fonction judiciaire et à une magistrature (...) Nous posons donc que sont citoyens ceux qui participent de cette manière (comme magistrats) au pouvoir. Liste des citations d'Aristote sur politique classées par thématique. Pour Luc Brisson, le fait que Platon établisse une division des tâches entre les membres de la Cité, d'une part et, d'autre part, le fait que, pour lui, peu nombreux sont les êtres humains capables d'acquérir le « savoir et la maîtrise de soi qu'exige l'exercice du pouvoir [18]. « Le plaisir ne serait qu'au cinquième rang de valeur…. de la transcendance, le monde supralunaire est hors de portée des objets perceptibles par les sens.