En plus, nous avons les autoportraits dans les grandes œuvres de l’artiste Michel-Ange. Pour certain l’art moderne débute avec Monet. C'est également le cas, vers 1398-1399, du fresquiste siennois Cola Petruccioli lorsque, dans la basilique Saint Dominique à Pérouse, il se représente dans un quadrilobe, tenant à la main, ostensiblement, un godet de peinture et un pinceau : une façon de s'identifier clairement comme le "peintre des lieux" ou, tout simplement, "un peintre fier de son activité". À l'inverse, quand, à la fin du XIXe siècle, se répandent les peintures naturalistes et que les artistes traitent du thème de la vie quotidienne, certains adoptent à nouveau des positions décontractées en vue d'établir avec le spectateur un certain climat d'intimité. Du fait de leur statut officiel, ils multiplient les autoportraits mais en même temps, ne s'autorisant aucun véritable écart de style jusqu'au début du XVIIIe siècle, la mort de Louis XIV, en 1715, marquant en France la fin de ce que l'on appelle le Grand siècle. Mais très rapidement, la photographie exerce une influence décisive sur les artistes, à commencer par les impressionnistes, qui renouvellent leur esthétique en abandonnant l'atelier pour le motif, s'engageant dans une quête d'instantanéité et d'authenticité qui va façonner l'ensemble de ce que l'on appellera plus tard "l'art moderne". L'Homme au turban rouge de Jan Van Eyck, soi-disant "premier autoportrait de l'histoire". Même si les scènes de la vie quotidienne sont l'objet d'un grand nombre d'œuvres, durant la seconde moitié du siècle, les autoportraitistes restent assez focalisés sur la représentation de leurs personnes, à l'exclusion des décors et accessoires. L’artiste Paolo Veronese apparaît comme un violoniste vêtu en blanc dans sa « Noce de Cana », accompagné de Titien sur « la basse de viole » en 1562. Très rares, finalement, sont les artistes se démarquant de la norme. Il constitue un genre à part entière, certains artistes s'y sont véritablement consacrés, notamment Man Ray. Un peintre peut donc décider de se représenter en entier mais apparaissant comme un simple détail dans le tableau ou au contraire montrer son visage ou une partie de son visage en très gros plan. Cela a abouti au dix-septième siècle avec l'œuvre de Jan de Bray. Subrepticement, les fabricants d'images s'affranchissent de l'autorité ecclésiale, à commencer dans le cadre religieux lui-même, lorsque les architectes des cathédrales y insèrent leurs bustes, tel Peter Parler, vers 1380, dans le triforium de la cathédrale Saint Guy à Prague[7]. On retrouve "l'autoportrait psychologique" durant les siècles qui suivent, les artistes y dégageant toute une gamme de sentiments, tantôt authentiques (comme Füssli ou Friedrich), voire très intimes (comme chez Egon Schiele) tantôt au contraire simulés (comme chez Courbet, friand de représentation théâtrale), voire forcés : l'éclat de rire qu'affiche Richard Gerstl dans son autoportrait de 1908 n'empêchera pas l'artiste de se suicider quelques mois plus tard. Et plus tard, en 1522 et 1523, soit cinq ans avant sa mort, il entreprend une nouvelle audace, n'hésitant pas à se montrer à travers le personnage du Christ. Toujours à la même époque, les Autrichiens Richard Gerstl et Egon Schiele se peignent entièrement nus, parfois dans des postures provocantes, voire obscènes, pour exprimer leur rapport complexe à la sexualité et plus globalement à l'existence. Miroir convexeLa distance de l'artiste au miroir est déterminante : s'il en est éloigné, son autoportrait se réduira à l'indication d'une minuscule silhouette perdue au milieu d'un tableau, comme on le constate par exemple durant les années 1430 dans les tableaux des Flamands Van Eyck et Campin ; s'il en est rapproché, comme c'est le cas de l'autoportrait du jeune Parmesan, le résultat donne un gros plan, la déformation de l'espace apparaissant encore plus sur la périphérie de l'image. Les artistes peintres reproduisirent souvent l'apparence de Léonard de Vinci sur des tableaux. - Si oui, comment alors (re) définir l'art ?- Si l'autoportrait a témoigné d'un processus d'émancipation de l'individu, le selfie n'est-il pas la marque d'une aliénation dès lors que, diffusé sur les médias sociaux, son auteur n'en est plus propriétaire ?- L'autoportrait et le selfie révèlent-ils au fond la personnalité ou bien au contraire la masquent-ils ?- Doit-on finalement parler d'individualisme ou de narcissisme[40] ? Ainsi cet homme est non seulement le premier peintre de paysage, mais aussi le fondateur en peinture de la laïcité »[5]. Les diverses figures du portrait dans l'art des XXème et XXIème siècles: Le portrait déformé. Recourant au procédé de l'anamorphose, et d'après ce qu'indiquent ses propres écrits, il s'est en effet autoportraituré sous les traits de l'apôtre Barthélémy, dont la légende rapporte qu'il a été écorché vif. L'art du portrait et celui de l'autoportrait vont s'en ressentir : sous l'influence de l'école flamande et dans le sillage de Dürer, les artistes expriment les traits de leurs visages de façon beaucoup plus réaliste que par le passé. La sculpture (pierre, marbre, bois, métal ou matériaux de synthèse) l'est beaucoup plus rarement. Or différents événements se produisent à la fin du Moyen Age qui modifient profondément le rapport au temps : la notion de temps présent gagne les mentalités : « l'art » devient « moderne », au sens où le mot latin modernus se traduit par récent ou actuel. On rencontre toutefois deux cas extrêmes :- celui où l'artiste se représente nu ou très légèrement vêtu à différentes fins, notamment dans le but de faire partager son intimité, quitte à dévier alors vers un certain exhibitionnisme ; - celui, au contraire, où les habits prennent d'avantage d'importance que le visage, comme si l'artiste voulait mettre l'accent sur son statut social.Ces deux voies ne sont pas antinomiques et certains artistes, tels Lovis Corinth ou Avigdor Arikha, se sont engagés dans l'une et l'autre. Pendant les conflits armés, le port de l'uniforme témoigne de l'engagement des artistes et c'est alors le décor, la posture des corps, la facture (réaliste ou expressionniste)… qui indiquent si celui-ci est douloureusement subi (Otto Dix en 1914) ou au contraire fièrement assumé (William Orpen en 1917, Rex Whistler en 1940…). Ils opèrent ce procédé de diverses manières. C'est notamment le cas de James Tissot. Toutefois, un certain nombre d'artistes adoptent très tôt des modalités singulières, se démarquant de ce stéréotype, soit dans le cadre d'une démarche introspective (c'est en particulier le cas de Rembrandt et van Gogh), soit en vue d'aiguiser les qualités réflexives du spectateur et entamer une sorte de dialogue avec lui (par exemple chez Giorgio de Chirico, Dick Ket ou Felix Nussbaum) ; la ligne de démarcation entre ces deux types de postures étant souvent difficile à établir, un grand nombre d'artistes s'engageant en effet simultanément dans ces deux voies. HISTOIRE DE L’ART L’AUTOPORTRAIT Faire un autoportrait, c'est se représenter soi-même: de face ou de trois-quarts, le corps entier ou ... Dans tous les cas, l'autoportrait ne se réduit pas à un monologue entre l'artiste et lui-même, c'est un dialogue avec le spectateur, l'histoire de l'art en toile de fond. Au cours de sa période de succès, l’artiste Rembrandt a fait sa vie principalement grâce à l'art du portrait, et comme Van Dyck et Joshua Reynolds, beaucoup de ses portraits étaient certainement destinés à la publicité de ses compétences. Pour ce faire, ils utilisent différents artifices de mise en scène (postures, décors…), la tenue vestimentaire en faisant partie. On lui doit de nombreux autoportraits en buste, mais aussi des représentations cauchemardesques dont beaucoup symbolisent les souffrances physiques qu’elle a vécues. ), "Autoportrait et représentation de l'individu". Ces mises en scène sont d'autant plus construites que les artistes optent pour une esthétique résolument "réaliste". La plupart des historiens s'accordent à penser que l'autoportrait en tant que genre fait son éclosion dans la sculpture de la seconde moitié du XIVe siècle : « il est couramment admis, par exemple, que la figure encapuchonnée placée à l'extrême-droite du bas-relief des Funérailles de la Vierge, sur le tabernacle d'Orsanmichele à Florence, vers 1359, est un autoportrait d'Andrea di Cione Arcangelo, dit l'Orcagna. Le livre a remporté les trois principaux prix décernés à des collections par des poètes Américains. On assiste à une limitation de la taille des miroirs jusqu'à ce que les progrès techniques soient réalisés en France en 1688. Toutefois, à cette époque les autoportraits typés sont encore assez rares, comme celui de Giorgione en David, tout en tension (v. 1509-1510, Brunswick) ou celui de Vinci, en vieux et sage patriarche (1512, Turin). Pour le peintre juif allemand du début du siècle, qui a vécu l'enfer du nazisme et des persécutions contre les juifs, l'autoportrait constitue un moyen privilégié pour enregistrer les effets de son expérience : au fil des autoportraits, de beau jeune homme qu'il était, son visage se creuse, se marque par la souffrance, jusqu'à devenir la face émaciée où brille un regard dur des dernières années. Dans ces œuvres, l'artiste apparaît généralement comme un visage dans la foule ou un groupe, souvent vers les bords ou les coins de l'œuvre et derrière les principaux participants. Toutefois, malgré cet intérêt pour la physiognomonie ne faiblit pas au XIXe siècle (cf les cinq "portraits de fous" réalisés par Géricault aux alentours de 1820), relativement peu d'artistes l'expérimentent sur eux-mêmes, à l'exception notable de Courbet, y compris à la fin du siècle malgré le succès des écrits du criminologue Cesare Lombroso) en matière de physiognomonie. Ils ont alors plusieurs significations possibles. Les artistes acquérant ce nouveau savoir-faire, leurs personnalités ne peuvent être que d'autant plus transformées : pleinement « reconnus » socialement, car sollicités pour leur capacité technique à représenter le monde et autrui de façon réaliste, il se sentent la légitimité de se représenter eux-mêmes. Mais d'autres objets apparaissent au fil du temps et leur présence ne se justifie pas alors de la même manière. Dans la majorité des cas, la tenue vestimentaire choisie est neutre. Si vous aimez plutôt admirer les oeuvres d’art, découvrez nos guides des plus beaux musées d’art à voir absolument lors de votre prochain voyage. L'expressionnisme : Le fauvisme, Die Brucke (le pont), Der Blauer Reiter (Le cavalier bleu) Lorsqu’il est question d’art moderne, il subsiste une difficulté pour le situer dans le temps. Découvrez un panorama de l’art du portrait à travers les époques, la sculpture, la peinture, les personnages emblématiques tels que César ou Napoléon, ou tout simplement des particuliers. En 1839, Louis Daguerre perfectionne et homologue la technique et cette même année, Robert Cornelius réalise le premier autoportrait photographique. C’est ainsi qu’en 1433, l’artiste Jan Van Eyck se représenta comme un homme avec un turban. Jusqu’à la fin du XIXe siècle et le développement de la photographie, ce réalisme constituera une norme quasiment indépassable, les « styles » ne changeant en définitive que superficiellement. La dernière modification de cette page a été faite le 19 janvier 2021 à 17:09. Il souligne également qu'un grand nombre d'artistes intitulent "autoportrait" des œuvres ne dénotant aucune ressemblance avec leurs visages, ni même la moindre référence au réel objectif, ceci dans le but de suggérer leur présence aux spectateurs sans avoir à la leur révéler ("re-présenter") explicitement : Kasimir Malevitch, Man Ray, Joan Miro… puis, plus tard, Roy Lichtenstein ou Daniel Spoerri. Francis Bacon, Autoportrait. Le dessin (crayon et fusain), la gravure et surtout la peinture (gouache, tempera, acrylique et huile) sont les médiums les plus souvent utilisés. L'autoportrait fera son apparition dès la fin du XIVe siècle, quand les portraitistes se seront suffisamment élevés dans l'échelle sociale pour oser se représenter.