Toutefois, le poète n'est pas un historien-chroniqueur : « le rôle du poète est de dire non pas ce qui a lieu réellement, mais ce qui pourrait avoir lieu dans l'ordre du vraisemblable ou du nécessaire […] c'est pour cette raison que la poésie est plus philosophique et plus noble que la chronique : la poésie traite du général, la chronique du particulier. L'homme n'est pas le seul animal social, car les abeilles, les guêpes, les fourmis et les grues sont aussi capables de s'organiser en vue d'un but commun[231]. Mais ses œuvres circulent dans l'Espagne musulmane où elles sont étudiées par les penseurs arabes, notamment Averroès. Il estime la circonférence de la Terre à 400 000 stades[137], soit environ 60 000 km. ......... Xavier de La Porte devrait essayer Bable !! La logique, quant à elle, n'est pas considérée par Aristote comme une science, mais comme l'instrument qui permet de faire progresser les sciences. La puissance ou potentialité (δύναμις / dunamis) fait écho à ce que pourrait devenir l'être. Pour Aristote, dans le cas où il existe une chaîne de causes efficientes, la cause du mouvement réside dans le premier maillon[125]. Ces dernières ne peuvent être rapportées à notre volonté et on ne peut par conséquent nous en rendre responsables. Pour Aristote, au contraire, la dialectique n'est pas très scientifique, puisque son argumentation est seulement plausible. Hegel a également une conception des individus différente de celle d'Aristote. Malgré tout, plus de 2 300 ans après sa mort, Aristote reste l'un des hommes les plus influents que le monde ait connus. Pour lui, la science comprend trois grands domaines : la science théorique, la science pratique et la science productive ou poïétique (appliquée). Les deux livres ont plus ou moins les mêmes préoccupations. Le texte de la Poétique, redécouvert en Europe à partir de 1453, a été abondamment commenté et invoqué comme une autorité. En effet, il est des cas où l'ignorance des êtres humains doit être sanctionnée car il ne tenait qu'à eux de s'informer[218]. En effet, les alchimistes comme Zosime ou Olympiodore le citent et utilisent ses concepts pour penser la transmutation des métaux (notamment genre/espèce, substance/accident, acte/puissance)[312]. Al-Fârâbî, Avicenne et Averroès ont beaucoup écrit sur Aristote. Selon certaines sources, Alexandre lui aurait fourni des animaux provenant de ses chasses et expéditions afin qu'il les étudie, ce qui lui aurait permis d'accumuler l'énorme documentation dont font preuve ses ouvrages de zoologie[24],[25]. Les animaux sanguins sont d'abord divisés en quatre grands groupes : les poissons, les oiseaux, les quadrupèdes ovipares et les quadrupèdes vivipares. Au XIIIe siècle, la philosophie aristotélicienne, revue par Thomas d'Aquin, devient la doctrine officielle de l’Église latine, malgré quelques soubresauts, telle la condamnation de 1277 d'un ensemble de propositions aristotéliciennes par l'évêque de Paris Étienne Tempier. Il écrit : « Ainsi, l’homme libre commande à l’esclave tout autrement que l’époux à la femme, et le père, à l’enfant ; et pourtant les éléments essentiels de l’âme existent dans tous ces êtres ; mais ils y sont à des degrés bien divers. Et c’est par le νοῦς / noûs que la connaissance de Dieu entre en nous, Aristote le définit donc comme la pensée de la pensée (νοήσεως νόησις, « noeseos noesis »), c'est-à-dire comme un être qui pense sa propre pensée, l'intelligence et l'acte d'intelligence étant une seule et même chose en dieu[n 12] : « Dieu est heureux, il est trop parfait pour penser lui-même autre chose que lui-même. « Les deux substances sensibles [la matière, et la substance composée] sont l'objet de la Physique, car elles impliquent le mouvement ; mais la substance immobile est l'objet d'une science différente [la philosophie première] »)[150]. La politique est aussi une science productive quand elle traite de la création, de la préservation et de la réforme des systèmes politiques[233]. Pour lui, le but d'une recherche ou d'une enquête est d'aboutir à « un système de concepts et de propositions hiérarchiquement organisés, fondés sur la connaissance de la nature essentielle de l'objet de l'étude et sur certains autres premiers principes nécessaires »[59]. Elle l'éloigne ainsi de la pensée de saint Augustin, dont la théorie des deux cités introduit une distance plus forte entre le temporel et le spirituel[333]. Ils débutent par une réflexion sur l'eudémonisme, c'est-à-dire sur le bonheur ou l'épanouissement. Toutefois, chez Aristote, l’ignorance ne conduit pas nécessairement au pardon. À la fonction végétative que l'on rencontre chez tous les vivants, correspond la faculté de nutrition car la nourriture en tant que telle est nécessairement liée aux êtres vivants ; à la fonction sensible correspond la perception ; à la fonction intellectuelle correspond l'esprit ou la raison (νοῦς, noûs) c'est-à-dire « la part de l'âme grâce à laquelle nous connaissons et comprenons » (De l’âme, III 4, 429 a 99-10)[84],[85]. Au XXe siècle Heidegger fait également retour à Aristote. Il réfléchit également sur la nature de l'argent, dont il affirme l'aspect purement conventionnel, car l'argent n'a de valeur que « par la loi et non par la nature ». Les experts se sont posé la question de savoir si cette perte faussait ou non la compréhension de l'œuvre d'Aristote. Cette forme de bonheur est parfaitement satisfaisante car « la vie des gens de bien n’a nullement besoin que le plaisir vienne s’y ajouter comme un surcroît postiche, mais elle a son plaisir en elle-même »[197]. D'une part, son élève et successeur, Théophraste, ne se préoccupe guère de développer son enseignement mais préfère se consacrer à ses propres recherches[308] sur les plantes et sur la notion de « premier moteur ». Chez Aristote ce qui est pratique est lié à des circonstances, est une adaptation d'une idée générale alors que, chez Kant, c'est quelque chose d'universel qui n'est pas lié aux circonstances. En toute chose, en effet, on a peine à trouver le moyen », « En toute chose, enfin il faut surtout se tenir en garde contre ce qui est agréable et contre le plaisir, car en cette matière nous ne jugeons pas avec impartialité », « C’est en nous abstenant des plaisirs que nous devenons modérés, et une fois que nous le sommes devenus, c’est alors que nous sommes le plus capables de pratiquer cette abstention », « Il y a dans l’âme trois facteurs prédominants qui déterminent l’action et la vérité : sensation, intellect et désir, « De même que l’enfant doit vivre en se conformant aux prescriptions de son gouverneur, ainsi la partie concupiscible de l’âme doit-elle se conformer à la raison », « Il existe trois facteurs qui entraînent nos choix, et trois facteurs nos répulsions : le beau, l’utile, le plaisant et leurs contraires, le laid, le dommageable et le pénible », « Nous délibérons non pas sur les fins elles-mêmes, mais sur les moyens d'atteindre les fins », « Le choix n'est pas chose commune à l'homme et aux êtres dépourvus de raison, à la différence de ce qui a lieu pour la, « Aristote n'use pas encore des notions de, « d'une scission à l'intérieur de la raison, et la reconnaissance de cette scission comme condition d'un nouvel intellectualisme critique », « à connaître le particulier et le contingent, qui sont pourtant le domaine propre de l'action », « la distance infinie entre l'efficace réelle du moyen et la réalisation de la fin », « À la fois homme de pensée et d'action, héritier en cela des héros de la tradition, le, « La vertu morale, en effet, assure la rectitude du but que nous poursuivons, et la prudence celle des moyens pour parvenir à ce but », « L'État le plus parfait est évidemment celui où chaque citoyen, quel qu'il soit, peut, grâce aux lois, pratiquer le mieux la vertu, et s'assurer le plus de bonheur », « Sans amis personne ne choisirait de vivre, eût-il tous les autres biens », « L'amitié semble aussi constituer le lien des cités, et les législateurs paraissent y attacher un plus grand prix qu'à la justice même : en effet, la concorde, qui paraît bien être un sentiment voisin de l'amitié, est ce que recherchent avant tout les législateurs, alors que l'esprit de faction, qui est son ennemie, est ce qu'ils pourchassent avec le plus d'énergie », « un devoir strict de légiférer sur l'éducation », « l'éducation des enfants doit être un des objets principaux des soins du législateur », « de ramener à la communauté et à l'unité l'État, qui est multiple », « l'éducation doit être nécessairement une et identique pour tous ses membres », « l'éducation des enfants et des femmes doit être en harmonie avec l'organisation politique », « deux époques distinctes, depuis sept ans jusqu'à la puberté, et depuis la puberté jusqu'à vingt-et-un ans », « compris que l'éducation était non seulement un problème politique, mais peut-être le plus important », « l'existence d'une véritable instruction publique assumée par l'État demeurait une originalité des cités aristocratiques (Sparte, Crète) », « la nature, qui ne fait rien en vain, les a dotés du langage, ce qui les rend capables de partager des concepts moraux tels que la justice », « Le trait éminemment distinctif du vrai citoyen, c’est la jouissance des fonctions de juge et de magistrat », « les gens de fortune trop médiocre pour vivre sans travailler », « la constitution étant définie par l'organisation des différentes magistratures, « Mais si les artisans et les laboureurs sont exclus du gouvernement de la cité, comment pourront-ils avoir quelque attachement pour elle, « toutes les prétentions (à gouverner) formulées au nom d'un autre critère (richesse, naissance, liberté) sont, comme telles, disqualifiées et renvoyées dos à dos », « partisan de l'aristocratie, de la démocratie ou d'un « gouvernement des classes moyennes », « dans chaque situation concrète il y a une et une seule forme constitutionnelle qui soit excellente », « Chacun doit recevoir proportionnellement à son excellence », « telle loi juste dans une constitution serait injuste dans une autre, parce qu'en contradiction avec l'esprit de cette constitution. Toutefois, cette théologie négative, qui influencera les néo-platoniciens, n'est pas assumée par Aristote. La vertu éthique, selon Aristote, est en équilibre entre deux excès. Par exemple, la forme d'une statue se trouve dans l'âme du sculpteur, avant de se matérialiser par le biais d'un instrument dans la statue. 2) Les deux sortes de loisir. Aristote retourne à Athènes en 335[29], alors que la cité est épargnée par Alexandre bien qu'elle se soit révoltée contre l'hégémonie macédonienne en compagnie de Thèbes[30]. 1) Le travail contre la réalisation de l’esprit. Cependant, des philosophes qui connaissaient bien l'aristotélisme comme Proclus et plus tard Avicenne réfuteront la possibilité théorique de la transmutation des métaux, en s'appuyant sur une interprétation différente d'Aristote. En fait, le Stagirite ne traite que des « relations d'échange qui ont pour cadre la communauté »[281], ce qui est d'ailleurs en cohérence avec sa politique. Toutefois, l’épistèmè ne correspond pas à la notion de science moderne car elle n'inclut pas l'expérimentation. Aristote veut signifier par là qu'une définition n'est pas purement verbale, mais traduit l'être profond d'une chose, ce que les Latins ont traduit par le mot essentia (essence)[65]. Même si, dans les deux cas, il est loisible de percevoir une certaine compatibilité avec le vocable aristotélicien de philosophie première, l'emploi d'un mot différent est souvent perçu par les spécialistes comme le reflet d'un problème[144], d'autant que les textes réunis sous le nom de métaphysique sont traversés par deux questionnements distincts. D'où, également, la nécessité de n'étudier la partie qu'en se rapportant à l'ensemble organisé dont elle est le membre[97]. Il marque une différence entre un avant et un après, un passé et un futur. Comme tous les êtres vivants ont une âme, il s'ensuit que les animaux et les plantes entrent dans le champ de la psychologie. De sorte que ses préoccupations économiques et sociales peuvent le faire considérer comme plus égalitariste qu'Aristote. L'aristotélisme de Padoue des XVe et XVIe siècles néglige l'aspect téléologique pour se focaliser, à la suite de Marsile de Padoue, sur les vertus civiques telles que la loyauté à l'État et à ses gouvernants. Le XVIIe siècle français lui attribue à tort la règle des trois unités en matière de composition dramatique[297]. 3) Objections. D'une part, il subordonne la philosophie à la théologie, laquelle est elle-même au service de la connaissance de Dieu. Aristote donne deux types de cours : celui du matin, « acroamatique » ou « ésotérique »[33], est réservé aux disciples avancés ; celui de l'après-midi, « exotérique », est ouvert à tous[33],[34]. Pour lui, la vie bonne exige que nous ayons acquis « la capacité de comprendre en chaque occasion quelles sont les actions les plus conformes à la raison »[190]. Il poursuit ses recherches biologiques et commence à observer la faune marine. Jusqu'à la fin du XIXe siècle, on a considéré que la pensée d'Aristote formait un système complet et cohérent, de sorte que les commentateurs ont « complété » la pensée d'Aristote quand besoin était. En effet, pour Platon, cette question ne se pose pas puisque l'universel appartient au domaine des idées. Il s'ensuit un profond recul de la pensée aristotélicienne dans tout ce qui touche à la science. La dernière modification de cette page a été faite le 31 janvier 2021 à 21:25. L'unité d'action est sans doute la règle la plus importante ; elle s'obtient par la représentation d'une action unique autour de laquelle toute la tragédie s'organise. Il devient anagnoste de Platon, qui l'appelle « le liseur »[13] ou « l'intelligence de l'école », en grec ancien « Nοῦς τῆς διατριβῆς ». Aristote et Platon reprochent aux sophistes d'utiliser le verbe, la parole, à des fins mondaines, sans chercher la sagesse et la vérité, deux notions proches chez eux. Un corps est une matière qui possède la vie en puissance. De sorte que c'est la médiation de la dialectique qui rend possible une unité « proprement ontologique, c'est-à-dire qui ne tient qu'au discours que nous tenons sur elle et qui s'effondrerait sans lui »[188]. La classification des vivants par Aristote contient des éléments qui ont été utilisés jusqu'au XIXe siècle. Il a ainsi observé des embryons de poussins à divers stades de leur développement, après une couvée de trois jours, de dix jours ou de vingt jours —synthétisant des observations qui ont été nombreuses et continues[104]. Dans des parties d'une de ces lettres que Pierre Thillet estime, en 1972, relativement fiables, Aristote ne se place plus dans le cadre d'une cité, mais à la suite de la conquête de la Perse par Alexandre, dans le cadre d'un « État dont la diversité ethnique pourrait même tendre à l'effacement par les déportations massives de population »[359]. Elle recherche également les causes en général ainsi que la cause première et dernière de tout mouvement en particulier[56]. Elle a pour fonction de communiquer les idées en dépit des différences de langage des disciplines. Peut-être que mon bonheur ne se rencontre pas dans ce qui réalise la nature humaine. Tout comme Xénophane et Héraclite, Aristote rejette d'emblée les idées en vigueur à son époque qui voyaient dans le rêve une apparition divine[299] : « De même non plus le rêve ne saurait être pour celui qui le voit, ni un signe ni une cause de la réalité qui vient à la suite ; ce n'est qu'une coïncidence »[300]. La fin ultime de l’être humain est aussi liée à l’ἔργον / ergon, c'est-à-dire à sa tâche, à sa fonction qui, pour lui, consiste à utiliser la part rationnelle de l'homme de manière conforme à la vertu (ἀρετή, « aretê ») et à l'excellence[193]. L'Intelligence suprême se pense donc elle-même…, et sa Pensée est pensée de la pensée », « Le Dieu aristotélicien, jouissant d'une vie parfaite consistant dans l'activité pure de la contemplation intelligible, constitue assurément en quelque manière pour l'homme « un idéal », le modèle d'une existence dénuée des imperfections et des limites qui nous sont propres », « La négativité de la théologie est simplement rencontrée sur le mode de l'échec ; elle n'est pas acceptée par Aristote comme la réalisation de son projet qui était incontestablement de faire une théologie positive », « le même attribut ne peut à la fois être attribué et ne pas être attribué au même sujet », « (i) l'essence de x ou (ii) des prédicats universels de x, ou (iii) un genre auquel x appartient, ou (iv) un sujet dont x est le prédicat », « une forme substantielle est l'essence de la substance, et cela correspond à une espèce. L'école est refondée au Ier siècle avant notre ère par Andronicos de Rhodes et connaît un fort rayonnement jusqu'à ce que les Goths et les Hérules saccagent Athènes en 267 après notre ère[41]. Tous les hommes libres naissent avec la potentialité de devenir moralement vertueux. Aristote aborde également les traits de caractères nécessaires pour parvenir à cette vertu (arété)[190].