51 Guillaume de Lorris et Jean de Meun, Le Roman de la Rose (éd. Contrôle... Mais un matin, Hélios le soleil a vu les deux amants allongés l'un près de l'autre. Sans doute possible, Chrétien de Troyes est l’un de ses modèles littéraires : voir ead., « La réécriture de la complainte de Didon », dans C. Füg-Pierreville éd., Éditer, traduire ou adapter les textes médiévaux, Lyon, 2009, p. 239-248 ; Ead., L’Ovide moralisé. lat. 1479 (« incepit »), qu’il reprend cependant lorsqu’il ajoute « Si ra la soie commencie8 ». C’est ainsi qu’au Livre VII de ses Questions naturelles, où il traite des comètes, il évoque les planètes Mars et Vénus46 : Encore maintenant il arrive fréquemment qu’une étoile se place sous la trace d’une étoile plus haute : parfois Saturne est au-dessus de Jupiter et Mars regarde d’en haut en droite ligne Vénus ou Mercure ; cependant ce n’est pas à cause de cette rencontre entre eux, lorsque la course d’une étoile est au-dessous de la course de l’autre, que se produit une comète ; du reste cela arrive tous les ans (tous les ans en effet certaines étoiles sont en même temps situées dans le même signe [du zodiaque]). Von Ovid zu Dante, Stuttgart, 1994, p. 149-172 ; J.-Y. Tilliette, « L’écriture et sa métaphore. De même, les termes de « malice » ou de « forfait » (v. 1301-1302) ajoutent à l’hypotexte ovidien un jugement de valeur sur le piège ourdi par Vulcain : ce jugement moral rappelle que, dans l’Ovide moralisé, Vulcain est souvent interprété comme le diable28. Mais c’est surtout l’« allégorie » tropologique qui se révèle d’une originalité irréductible, notamment par le ton passionné caractéristique de cet ouvrage sans doute en lien avec l’homilétique de son temps. 2. 2 H. de Lubac, Exégèse médiévale. Et la traduction, comprise dans son sens double, est tout entière destinée à ce but ultime : la première transposition, du latin au français, va souligner les mots et les motifs en lien avec la deuxième transposition, celle de la fable mythologique à la foi chrétienne. et trad. 37 Cf. Elles sont une partie des armes de la famille Vespucci, dont le nom vient de l’italien « vespa »: guêpe. For the translation of the fable, the translator, who knew Latin well and could translate it faithfully, sometimes chose the words by using interlinear glosses of the medieval manuscript of the Metamorphoses he had at his disposal. Contes Libertins 1ere partie (Publié le 26 juillet 2000) (Mis à jour le: 2 novembre 2016) Gélaste montre à Acante une tapisserie, ou sont représentées les Amours de Mars et de Vénus, et lui parle ainsi. Enfin une interprétation qui est la seule à mériter sous la plume de l’auteur le nom d’« allégorie » occupe les vers 1630 à 1755 : c’est une longue leçon tropologique (celle du « quid agas », la façon dont l’homme doit se comporter, selon le dogme chrétien, pour gagner son salut). http://www.gratumstudium.com/latin/hic.htm Il a donc prévenu Vulcain. Mars et Vénus sont deux planètes, qui influent sur les humains en déterminant leurs humeurs : Mars, « planete errables, Plains de colerique nature » (v. 1489-1490), est celle qui influe sur l’humeur des colériques : « Si predomine aus corageus, / Aus mellis et aus irascibles » (v. 1495-1496). Bibliographie : Le médaillon des amours de Mars et Vénus - BMML - ISSN : 0521-7032 Images d'argile. On sait en effet qu’il étage et hiérarchise les sens « concrets41 » et les sens spirituels42. Post jobs, find pros, and collaborate commission-free in our professional marketplace. John gray - les hommes viennent de mars les femmes de venus. 34Cependant, malgré l’ampleur inégalée que l’interprète de l’Ovide moralisé donne à cette « istorial matire » et aux conseils de morale sociale pragmatiques et opportunistes pour les maris cocus, c’est lorsqu’on passe à « l’alegorie / que ceste fable signifie » (v. 1630-1631) que l’originalité de l’auteur de l’Ovide moralisé déploie sa pleine mesure. F. Lecoy, Paris, 1965-1970 [réimpr. Vous devez avoir lu qu'autrefois le dieu Mars. 36 « On pense que Vénus contint difficilement ses larmes » (notre traduction). This article examines the sources of the anonymous author who, at the beginning of the fourteenth century, produced the first complete translation in the vernacular language of Ovid’s Metamorphoses, before providing a second “translation,” a thematic transposition, that lifted the veil of the fable to reveal its allegorical meaning. 16 Il cite Benoît de Sainte-Maure, et a dû lire aussi le Roman de Thèbes et le Roman d’Eneas : voir M. Possamaï, « La légende thébaine dans l’Ovide moralisé : un exemple de contamination des sources », dans O. Collet, Y. Foehr-Janssens, S. Messerli éd., « Ce est li fruis selonc la letre ». 35 L. II, v. 582-583 : « Ils n’ont pas pu couvrir leurs visages, ni poser leurs mains sur leurs parties honteuses » (notre traduction). Vulcain ayant été averti par Hélios, les enferma dans un filet … Savoirs et enseignements (Orient-Occident), Lieux d'hygiène et lieux d'aisance en terre d'Islam (VII, Hagiographie et réforme dans l'Occident latin, Le livre de science, du copiste à l'imprimeur, La paroisse, genèse d'une forme territoriale, Princes et princesses à la fin du Moyen Âge, A digital resources portal for the humanities and social sciences, La liberté du traducteur : la richesse des mots romans et l’annonce de la moralisation, L’originalité du moraliste : la passion du prédicateur, Catalogue of 552 journals. 4 Voir F. T. Coulson, The Vulgate Commentary on Ovid’s Metamorphoses, Book I, Kalamazoo, 2015. 9Ce manuscrit glosé ne suffit pas à l’érudit qui traduit les Métamorphoses : il connaît aussi les mythographes qui l’ont précédé, et sans doute les versions en langue romane de l’Ars amatoria d’Ovide. De même, sa façon de rendre les mots « quae lumina fallere possent » par « Nulz homs ne les peüst trouver / N’apercevoir d’œil qu’il eüst »15, peut être soufflée par des gloses comme celles du Vat. La série des maux entraînés par « amour » ne compte pas moins de sept substantifs dont l’énumération est renforcée par la reprise de la copule et : « D’amours veint malz, paine et poverte / Ire, angoisse et mors et grief perte » (v. 1650-1651). - Livret d'Antoine Danchet. Il en est de même pour les premier et deuxième Mythographes du Vatican, qui insistent particulièrement sur l’une de ces filles, Pasiphaé. 26Notre interprète a pu lire les mythographes qui l’ont précédé, mais il les interprète assez librement pour la fable de Mars et Vénus. 56 Cf. M. Desmond, Ovid’s Art and the Wife of Bath : the Ethics of Erotic Violence, Ithaca/New York/Londres, 2006. Les deux amants se débattent, mais ils n'arrivent pas à sortir. Mais alors que le poème latin livre un récit de vingt-six vers, son hypertexte roman déroule l’histoire sur cent quatre vers, ce qui constitue une amplification par rapport à la proportion habituelle de cette traduction : celle-ci utilise généralement un couplet d’octosyllabes à rimes plates pour rendre un hexamètre dactylique du poème ovidien (le récit français devrait occuper cinquante-deux vers, il est donc exactement deux fois plus long). G. Lafaye, p. 102). 59 Il faut préciser que bien souvent, les deux commentaires des xiie et xiiie siècles les plus utilisés, ceux d’Arnoul d’Orléans et de Jean de Garlande, sont justement mêlés, de façon mal différenciée, dans les marges des manuscrits glosés des Métamorphoses : et c’est peut-être dans son outil principal, un manuscrit semblable au Vat. lat. 1479, que le translateur du xive siècle lit ce qui est devenu un « commentaire vulgate » aux Métamorphoses : sur cette question, voir les études savantes de F. T. Coulson, en particulier « Ovid’s Metamorphoses in the school tradition of France, 1180-1400 », dans J. G. Clark, F. T. Coulson, K. L. McKinley éd., Ovid in the Middle Ages, Cambridge, 2011, p. 48-82. 2En outre, si nous prenons « traduction » dans les différents sens qu’analyse Gérard Genette1, le moraliste fait suivre la « transposition formelle », ici « linguistique », d’une transposition « thématique », ou plutôt axiologique, suite hiérarchisée d’interprétations qui s’étend sur deux cent soixante-huit vers et enchaîne trois types d’interprétation. 12Le passage offre un vocabulaire dont la richesse n’apparaît dans aucune des sources examinées, particulièrement dans les passages que le translateur ajoute à Ovide. Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus. Mais dès cette version romane de la fable, il fait preuve d’originalité et certains détails ne se lisent dans aucun autre texte. Les deux premières « expositions » sont des « relais sensibles », qui servent tout à la fois à « nettoyer » la fable de ses éléments inadmissibles pour la raison ou la morale, à lui donner un sens littéral acceptable, afin de pouvoir délivrer le sens spirituel (selon la théorie des « quatre sens de l’écriture2 »), et à offrir au lecteur non averti une sorte de tremplin qui lui permette d’effectuer ce que Gilbert Dahan appelle « le saut herméneutique3 », des significations sensibles aux significations intelligibles. Latin 3e Dossier Les amours de Mars et V nus tableaux de La Renaissance. On peut considérer que cet éloge est destiné aussi à celui qui met par écrit l’histoire de Mars et de Vénus40 : le filet de Vulcain, c’est l’écriture de la fable qui les prend au piège, qui les immobilise, qui les « éternise » ; c’est même l’écriture qui les lie plus étroitement, en pérennisant l’histoire : comme les mailles du filet de Vulcain, les mots de l’auteur sont composés si solidement que « nulz rompre ne les peüst » (le v. 1314 est ajouté lui aussi aux Métamorphoses). 37Ce passage des Allegoriae d’Arnoul d’Orléans est recopié dans la marge du Vat. Les deux amants se débattent, mais ils n'arrivent pas à sortir. Elle est probablement née au XVIIIème siècle, alors que la peinture de paysages allégoriques et mythologiques était en … 53 F. Ghisalberti, Arnolfo d’Orleans : un cultore di Ovidio nel secolo xii, Milan, 1932, p. 157-234 : « On dit que Mars aima Vénus, parce qu’il arrive qu’un homme fort soit dissous en Vénus, c’est-à-dire que la corruption qui souille parfois la vertu par l’embrassement de Vénus, c’est-à-dire du plaisir, apparaît avec le témoignage du Soleil c’est-à-dire que la culpabilité est reconnue par le jugement de la Vérité. 14La dénonciation de l’adultère s’enrichit dans la version romane des mots « ahonter26 » et « acointier27 » (v. 1289 et 1291), qui ne traduisent aucun mot latin. Pour la traduction du latin au roman, le translateur, qui connaît le latin et peut le traduire fidèlement, choisit parfois les mots en s’aidant des gloses interlinéaires du manuscrit médiéval des Métamorphoses qu’il utilise. LES AMOURS DE MARS ET DE VÉNUS. A. Le Boeuffle, Paris, 1983) : « Tertia est stella Martis, quam alii Herculis dixerunt, Veneris sequens stellam hac, ut Eratosthenes ait, de causa. Je remercie Irene Salvo García d’avoir attiré mon attention sur cette note, qui donne une version particulière des Integumenta. Comme cela arrive souvent, cette « histoire » se présente comme un exemplum, c’est-à-dire un récit exemplaire, qui en l’occurrence a plutôt des allures de fabliau : « Venus […] Fu une dame bele et gente […] » (vers 1538-1540). lat. 147954. 40 Au xive siècle, les auteurs ont une pleine conscience de leur « métier », et de tels éléments à valeur métatextuelle ne sont pas rares dans le texte ; nombreux sont les indices qui autorisent une telle mise en abyme : voir M. Possamaï-Pérez, L’Ovide moralisé. Enfin cette vertu séduite par une habitude de débauche est montrée enchaînée par des liens très serrés. Les dieux rient en les voyant, c'est sûrement la chose la plus honteuse qu'a vécue Vénus. Le siège ne fut pas de fort longue durée: Vénus est vêtue et contemple Mars dans son sommeil. La belle déesse Vénus est mariée au dieu boiteux Vulcain. C’est le premier et le troisième Mythographes22 qui ont pu être sollicités pour fournir les mots des vers 1320-1321 : « Et il se sont entr’enbracié, / Tantost sont pris et enlacié ». 32 Il utilise en particulier les Héroïdes : on en a un exemple au livre IX, où l’Héroïde IX de Déjanire à Hercule explique la confusion entre Yolé et Omphale. Titre uniforme : Campra, André (1660-1744). L’ajout de la dolor de Vénus au vers 1346 peut venir du vers 4375 de ce même roman : « La deesse molt s’en marri ». For Hire . 25Le moraliste du xive siècle propose deux « expositions » et une « allégorie » pour la fable de Mars et Vénus. L'idée d'un one-man show germe dans la tête de paul Dewandre depuis quelques temps, ses conférences et ateliers sur les couples ont généré d'autres envies et moyens d'aider les couples dans leurs relations.