Ainsi, la théorie aristotélicienne de l’éducation a précisé la notion d’homme cultivé basée sur sa participation politique, sa personnalité morale et sa capacité créatrice, et a défini cette notion d’éducation d’une manière novatrice comme une progression continue de l’homme depuis l’état naturel jusqu’au raisonnement, et à l’excellence du kalos kagathos[62]. Dans ce sens, le Stagirite est parmi les premiers à distinguer dans la puissance étatique trois pouvoirs législatif, exécutif et juridictionnel dont la constitution et l’articulation déterminent la nature du régime [24] . Dans les temps anciens, quand un même individu devenait démagogue et stratège, la constitution se changeait en tyrannie. Jean de Paris soutient le droit des jeunes nations à l’indépendance, donnant ainsi naissance à une notion élargie de la polis aristotélicienne qui sera une des bases des États modernes. Puisqu’il distingue les nobles occupations des citoyens libres et les activités des travailleurs asservis à des tâches manuelles souvent écrasantes, Aristote estime que l'éducation doit comprendre des matières indispensables, et quelques-unes utiles mais pas avilissantes : « On doit tenir pour avilissant tout travail, tout art, tout enseignement qui aboutit à rendre le corps, l’âme ou l’intelligence des hommes libres impropre à la pratique et aux actions vertueuses[A 60] », comme le sont les techniques des artisans, qui sont généralement des esclaves. svp les régimes politiques la notion de régime politique est complexe. Aristote dit aussi que c’est le pouvoir politique qui préfère les pauvres, il choisit le nombre plutôt que l’excellence. Dans une monarchie, moins les rois ont de domaines où ils sont souverains, plus leur pouvoir dans son intégralité durera nécessairement longtemps. À quels principes doit-on faire appel pour définir la légitimité de l’État ? À ces deux points de vue, dans la réunion de ces deux orientations, Aristote est appelé à être considéré comme le modèle de l’attitude scientifique et philosophique moderne[27]. Le tyran est Les fonctions sacerdotales seront exercées exclusivement par les citoyens âgés, retirés de la vie politique. ISO 690 FR Copier Wolff Francis, « A la recherche du juste régime. Au sein de chaque catégorie, il est possible de distinguer différents régimes politiques. C’est ainsi que tout le livre II est consacré à l’examen critique des constitutions proposées par Platon et par plusieurs théoriciens politiques, tels Lycurgue et Solon, mais aussi Zaleucos, Charondas ou Dracon. Le terme grec δημοκρατία / democratia, pris dans un sens péjoratif, est dans ce cas traduit par « démagogie » ou « régime populaire »[80],[81]. C'est souvent l'excès dans l'application d'un principe juste qui amène une constitution déviante à remplacer celle qui était droite : « La démocratie est née presque toujours de ce qu’on a prétendu rendre absolue et générale une égalité qui n’était réelle qu’à certains égards. Aristote analyse les régimes politiques pour identifier le meilleur.Contrairement à Platon, le philosophe adopte dans Les politiques une approche réaliste et descriptive issue de son expérience politique de conseiller et de ses voyages. L’individu ne saurait réaliser son bonheur seul. Aristote distingue trois régimes politiques principaux. Le régime politique ou la forme de gouvernement désignent l’organisation des pouvoirs et leur exercice au sein d’une entité politique donnée. Aristote intègre aussi dans le droit la notion de lois non écrites (ἄγραφοι νόμοι) inventée par la pensée grecque[A 76] ; ce sont d’une part les lois tirées de la coutume (ἔθη), usages nationaux très anciens qui se perpétuent et assurent la cohésion sociale, et d’autre part la loi naturelle ou universelle, commune à tous les hommes[69]. Il a donc recommandé la formation d’un régime politique, ou gouvernement constitutionnel, puisque sa forme dégénérée est la moins nuisible des mauvaises formes de gouvernement. Publiée après la mort d’Aristote, la Politique n’a pas pu bénéficier des dernières retouches nécessaires qui lui auraient donné une forme plus harmonieuse. Seul entre les vivants, il est apte à discerner les valeurs, à percevoir l'utile et le nuisible, le Introduction : démocratie et gouvernement constitutionnel ... La démocratie apparaît donc comme un régime négatif, qui ne peut se définir qu'à partir de son étalon, qui est le gouvernement constitutionnel. Sauf exception, les références au texte grec d’Aristote sont données dans l’édition des Belles Lettres. Mais contrairement à nous, Rousseau désigne ainsi deux types d’aristocratie : l’aristocratie héréditaire et l’aristocratie élective. Aristote fait une distinction plus nett… Il découle de ces définitions de la richesse et de la propriété que le niveau démographique de la population doit toujours être proportionnel à la quantité disponible de ses moyens d’existence et de son activité : la population sera donc constante[Note 12], et ne variera en plus ou en moins qu'avec les subsistances, sous peine pour l’État de perdre sa capacité essentielle qui est de se suffire à lui-même[40]. La démocratie doit ménager les riches, et s'assurer que les conservateurs soient plus forts que les réformateurs. Pierre Aubenque, La Prudence chez Aristote. 2, 2005, pp. Voici ce qu'a écrit à ce sujet l'un des plus grands interprètes contemporains d'Aristote, Gilbert Romeyer Dherbey: «L'idéal politique d'Aristote est un idéal détrôné; on sent qu'il l'a … Il faut donc donner le pouvoir, en fonction de leurs compétences, à des hommes de bien, et non pas en fonction de leur naissance[A 79]. » L'autre méthode, tout à fait opposée, est que le tyran adopte un comportement ayant les apparences de celui d'un roi. Car on voit émerger des formes mixtes et imprécises de régime politique, du fait de petits empiètements et de petits avantages gagnés, dans un premier temps, sur le parti adverse, de sorte que « les lois restent les lois précédemment en vigueur, mais le pouvoir tombent aux mains de ceux qui changent le régime[A 106]. La première implique l’existence d’une noblesse ; ce régime est jugé très négativement par Rousseau. Au contraire, pour lui, « il est manifeste que si elle avance trop sur la voie de l’unité, une cité n’en sera plus une, car la cité par sa nature est une certaine sorte de multiplicité[A 15] » : « On ne fait pas une cité à partir d’individus semblables » — tout au plus obtiendrait-on un conglomérat, non une vraie communauté politique[34] — car une cité requiert une différence de capacités entre ses membres afin de favoriser l’échange mutuel de services différents. La politique du mélange et la politeia (Politiques, IV-VI) ..... 56 La véritable aristocratie : la cité des semblables dont tous les citoyens sont des hommes de bien (Politiques, VII-VIII) ..... 58 La Politique … Il définit la richesse comme « la somme des instruments que possède une famille ou une cité », et cette somme de biens suffisante pour vivre bien « n’est pas illimitée », comme on le croit parfois[A 23]. La citation d'Aristote la plus célèbre sur « politique » est : « La politique est l'art de commander à des hommes libres. Le bonheur, bien différent de la réussite, est entendu comme l’épanouissement spirituel des citoyens ; c’est la fin même de l’État ; il consiste à faire preuve de vertu, et particulièrement des quatre vertus cardinales que sont le courage (ἀνδρεία), la tempérance (σωφροσύνη), la justice (δικαιοσύνη) et la sagesse (φρόνησις)[18]. Aristote estime « qu’on ne doit pas élever au rang de citoyens tous les individus dont l’État a cependant nécessairement besoin[A 34]. Elle est mauvaise si elle n'assure pas le bonheur, entraîne des révolutions et l'appauvrissement d'une grande partie des citoyens par des lois inadéquates[A 81] : « Toutes celles qui n’ont en vue que l’intérêt personnel des gouvernants, viciées dans leurs bases, ne sont que la corruption des bonnes constitutions ; ce sont des formes de despotisme, tandis qu’au contraire la cité est une association d’hommes libres[A 82]. La meilleure citation d'Aristote préférée des internautes. Le régime politique des Athéniens, nouvelle trad., introduction, notes et index par Michel Sève. Dès le début du livre I, la méthode analytique est employée pour l’étude de l’homme d’État, (πολιτικός)[A 5] et de la cité ; elle consiste à diviser un tout composé en ses éléments simples et à les examiner séparément[19] : Aristote use ainsi de distinctions établies dans sa Physique[A 6] entre composé artificiel et composé naturel ; un composé naturel comme une cité est un tout (τὸ ὃλον) dans lequel Aristote distingue d'une part les conditions nécessaires à son existence et d’autre part, les parties organiques qui composent ce tout. Aristote pense sans doute ici aux vrais philosophes de la, « le tyran doit toujours se montrer d’un zèle exemplaire pour le culte des dieux car les citoyens redoutent moins de subir quelque action illégale de la part de gens de cette espèce, et ils conspirent moins contre lui, se disant qu’il a les dieux même pour alliés (, Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste, Discours sur la première décade de Tite-Live, Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain, Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, Jean Aubonnet, Notes complémentaires du Livre III, Traduction de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire, Aristote – Politique (Livres I, III, IV et V), Aristote – Politique (Livres II, VI, VII et VIII), Catalogue des œuvres d'Aristote selon Diogène Laërce, https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Politique_(Aristote)&oldid=179362690, Article contenant un appel à traduction en anglais, Article de Wikipédia avec notice d'autorité, Page utilisant le modèle Bases littérature inactif, Page pointant vers des dictionnaires ou encyclopédies généralistes, Portail:Philosophie antique/Articles liés, Portail:Sciences humaines et sociales/Articles liés, licence Creative Commons attribution, partage dans les mêmes conditions, comment citer les auteurs et mentionner la licence. Il inaugure ainsi la première véritable analyse de la Constitution (avec une majuscule) au sens moderne du terme : il définit en effet la Constitution comme l’ensemble des lois organiques relatives à la répartition et à la réglementation des fonctions d’autorité dans une cité, et surtout de l’autorité suprême qu’est le gouvernement (πολίτευμα), c’est-à-dire l’État. Lorsque nous aurons effectivement fait cela, nous pourrons peut-être connaître mieux comment doit être constitué l’État le meilleur, dont tout État a besoin de connaître l’organisation, les lois et les institutions. Il dégage ainsi du foisonnement innombrable des phénomènes particuliers que lui offre le réel, la forme abstraite qui définit leur essence ; partant des réalités singulières, il recherche leur loi interne. Il ne peut par conséquent exister de règles générales d’action. Mais si le « vivre ensemble » (τὸ συζῆν) est un choix préalable, il n’est pas le but : la fin dernière de la communauté sociale humaine est la constitution d’une cité, en termes modernes, d’un État ; seul l’État est capable d’instaurer une contrainte qui a pour but la justice ; avec la cité en effet, la violence fait place à l’État de droit. Paris, 1982. Entre cinq et sept ans, l'enfant assistera aux leçons qu'il lui faudra suivre plus tard. Platon avait déjà souligné l’interdépendance entre caractère et constitution : Les vertus morales s’acquièrent par l’habitude. Il fonde la théorie de la Constitution comme une composante du régime politique lié aux habitudes et à la pratique[64] (ἔθος, éthos)[A 73]. C’est ainsi que se substituent des constitutions fautives (ἡμαρτημέναι πολιτεῖαι) ou déviantes (παρέκϐασις) aux constitutions correctes. Comme le suggère le titre de l'ouvrage, Aristote s’attache à déchiffrer le comportement politique des hommes et à comprendre ce qui est en jeu sous l’expression vie politique (βίος πολιτικός), un terme pris ici dans un sens très large, englobant la recherche rationnelle de ce qui est bon pour l'homme vivant au sein d’une communauté, tant sur le plan individuel que collectif[11].